



Dans la majorité des couples hétérosexuels, la contraception est portée par la femme.
Pourtant, les hommes disposent eux aussi de moyens de maîtriser leur fertilité. Et si la « pilule masculine » a longtemps eu des allures d'Arlésienne, plusieurs méthodes sont aujourd'hui disponibles ou en développement, à des stades très différents.
Messieurs, vous allez voir, plus d’excuses pour ne pas vous préoccuper de votre fertilité !
Méthode barrière la plus répandue, c'est aussi la seule, avec le préservatif interne, à protéger efficacement contre les IST lors d'une pénétration péno-vaginale. Mal utilisé, il reste en revanche peu efficace : environ 15 % de grossesses par an en utilisation réelle [1]. Deux réflexes limitent ce risque : choisir une taille ajustée, et utiliser un lubrifiant compatible (ceux à base d'eau le sont avec tous les préservatifs). Plusieurs marques sont délivrées gratuitement et sans ordonnance avant 26 ans, et remboursées sur ordonnance au-delà [2].
Elle consiste à sectionner les canaux déférents, qui relient les testicules, où sont produits les spermatozoïdes, au reste des organes reproductifs. C'est la méthode masculine la plus efficace [1], et elle est nettement moins invasive que son équivalent féminin, la ligature des trompes. En France, un délai de réflexion de 4 mois est imposé, et la contraception n'est effective qu'environ 3 mois après l'intervention, après contrôle par spermogramme. Une opération de réversion existe (la vaso-vasostomie), mais son succès n'est pas garanti : la vasectomie doit être considérée comme définitive. Très pratiquée dans les pays anglo-saxons (plus de 15% des hommes y ont recours dans leur vie aux Etats-Unis [3]), elle est aussi de plus en plus pratiquée en France, et séduit de plus en plus d’hommes jeunes, avec près de 58 000 vasectomies pratiquées en 2025, soit 27 fois plus qu’en 2010 ! Le nombre annuel de vasectomies a dépassé, depuis 2021, celui des ligatures des trompes [4].
Une méthode hormonale masculine est déjà reconnue par les consensus internationaux : l'injection hebdomadaire de testostérone, qui diminue par rétrocontrôle la production de spermatozoïdes. Aucun produit ne dispose aujourd'hui en France d'une autorisation de mise sur le marché à visée contraceptive, il n'y a donc pas de prise en charge par la Sécurité sociale. En raison des effets secondaires, elle ne peut être utilisée que 18 mois d'affilée, renouvelables une fois [5].
Plus connue sous les noms de slip chauffant, remonte-couilles toulousain ou anneau contraceptif, elle consiste à maintenir les testicules au-dessus du scrotum, à la racine de la verge, 15 heures par tranche de 24 heures [5]. Les essais et publications disponibles rapportent une bonne efficacité (moins de 2 % d'échec par an) et une réversibilité complète [6]. Différents acteurs travaillent sur la préparation d’essais cliniques qui permettront d’avoir des informations plus fiables sur la sécurité et la performance de cette contraception, et de mettre des dispositifs contraceptifs sur le marché. Parmi eux, 37 DEGRÉS, mais aussi Entrelac.coop, Cobalt contraception, ou encore Thoreme. En effet, il n'existe à ce jour aucun dispositif certifié pour cet usage : la méthode doit donc encore être considérée comme exploratoire, même si plusieurs milliers d'hommes la pratiquent au quotidien en France. Une méthode non invasive, simple à mettre en œuvre sans effets secondaires graves selon les premiers essais cliniques – les hommes ont bien de la chance !
En pratique, s’il n’existe pas de dispositif contraceptif, il est possible de tester la remontée testiculaire avec un anneau en silicone, un jockstrap fait maison, ou les boxers 37.0 proposés par 37 DEGRÉS. Aucune revendication contraceptive n’est cependant associée à ces dispositifs à date.
Pour démarrer une contraception thermique, la première étape est de se faire accompagner, par un professionnel de santé, par exemple listé sur cette carte collaborative.
Le principe et ses atouts. La molécule la plus avancée, le YCT-529, bloque un récepteur de l'acide rétinoïque (un dérivé de la vitamine A) dans le testicule, ce qui interrompt la fabrication des spermatozoïdes. Une prise par jour, sans hormone, réversible et interruptible à tout moment. La simplicité d’une pilule, mais sans les hormones de la version féminine, que demander de plus ! [7]
Où ça en est ? Phase 1 concluante en 2025 : aucun effet indésirable jusqu'à 180 mg, ni sur les hormones, ni sur la libido. Une phase 1b/2a mesure actuellement la baisse réelle du nombre de spermatozoïdes. Restent à établir l'efficacité contraceptive chez l'humain, la sécurité à long terme et les délais d'action et de retour à la fertilité.
Qui, et pour quand ? YourChoice Therapeutics (États-Unis), essais au Royaume-Uni puis en Nouvelle-Zélande. Une phase 3 sera nécessaire : pas de mise sur le marché avant le début des années 2030.
Le principe et ses atouts. Un gel appliqué chaque jour sur les épaules, associant un progestatif, qui bloque la production de spermatozoïdes, et de la testostérone, qui compense la chute induite. Application simple, contraception réversible. [8]
Où ça en est ? C'est le dossier clinique le plus avancé : une phase 2b sur environ 420 couples, achevée en 2024, rapporte une suppression efficace de la spermatogenèse et un retour fiable à la fertilité. Restent la contrainte quotidienne, les précautions à prendre pour éviter le transfert cutané à l'entourage et des effets hormonaux possibles (poids, humeur, acné, libido). Mais finalement, n’est ce pas le quotidien de nombreuses femmes aujourd’hui ?
Qui, et pour quand ? Le Population Council et les NIH (États-Unis), avec une licence reprise en 2025 par Contraline. Phase 3 annoncée pour 2027, mise sur le marché réaliste vers 2030-2032.
Le principe et ses atouts. Un gel injecté dans le canal déférent y forme un bouchon qui bloque ou détruit les spermatozoïdes au passage : l'efficacité d'une vasectomie, mais sans section. Une seule intervention pour plusieurs années de contraception, sans hormone ni geste quotidien, avec une réversibilité programmée. [9]
Où ça en est ? ADAM a publié une phase 1 encourageante (réduction de 99,8 à 100 % des spermatozoïdes mobiles en 30 jours, deux participants sans spermatozoïdes détectés à 24 mois) et est passé en phase 2. Plan A est en phase 2 depuis fin 2025. RISUG a mené une phase 3 sur 303 volontaires, avec 97,3 % d'efficacité rapportée. Point commun aux trois : la réversibilité n'a jamais été démontrée chez l'humain. Les publications à comité de lecture restent rares, et le geste demeure invasif, avec un suivi par spermogramme.
Qui, et pour quand ? ADAM (Contraline, États-Unis, essais en Australie), Plan A (NEXT Life Sciences, États-Unis, essais en Australie et au Canada) et RISUG (recherche publique indienne, dossier déposé depuis 2019). Une approbation en Inde pourrait précéder les autres ; Contraline évoque 2028 au plus tôt, ce qui reste très optimiste.
Le principe et ses atouts. Un petit dispositif mécanique posé sur le canal déférent, qui fonctionne comme un robinet : il ne bouche pas le canal mais dévie les spermatozoïdes vers le scrotum, où l'organisme les élimine. Pose annoncée en ambulatoire, en une quinzaine de minutes et, contrairement au stérilet féminin, sous anesthésie locale. Réversible par simple retrait et sans effet hormonal. [10]
Où ça en est ? Stade préclinique après quatre ans de travaux, les essais sur l'animal restant à mener. Tout est donc à démontrer chez l'humain : efficacité, tolérance à long terme et réversibilité.
Qui, et pour quand ?. STEOM, projet issu du CHU de Lille : c’est aussi avec des médecins de ce CHU que le projet 37 DEGRÉS est mené, Lille capitale mondiale de la contraception masculine ! Premier implant humain visé vers 2030, commercialisation pas avant 2033 sous réserve du marquage CE.
Bonne nouvelle ! La contraception masculine n'est plus un sujet théorique. Comme pour la contraception féminine, il n'y a pas de méthode idéale, mais les développements en cours permettront un éventail de solutions dans lequel chacun pourra choisir selon son âge, son projet de vie et sa tolérance aux contraintes. L’enjeu n’est pas de basculer toute la charge vers les hommes, mais qu’enfin, chaque personne ayant des relations hétérosexuelles se pose la question de ce qu’il·elle souhaite faire de sa fertilité, quel que soit son genre. Ouvrir la discussion entre les partenaires. Pour une sexualité joyeuse, libre, et équitable !
On vous souhaite de chouettes échanges !
Et vous, quelle contraception aimeriez-vous adopter ?
Suivez @37degres pour plus d’informations sur la contraception masculine.
Le boxer de remontée testiculaire 37.0 de 37 DEGRÉS peut être remboursé jusqu’à 50 % par Elsee, selon les conditions de votre abonnement. Il n’a aujourd’hui aucune revendication médicale ni contraceptive : il permet uniquement de remonter les testicules.
Pour mettre en œuvre une contraception masculine, vous pouvez vous rapprocher d’un professionnel de santé ou d’une association listée sur cette carte collaborative.
Bibliography
[1] [En ligne]. Available: https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/contraception/efficacite-moyens-contraceptifs.
[2] [En ligne]. Available: https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/contraception-ivg/contraception.
[3] [En ligne]. Available: https://cdc.gov/nchs/data/hestat/hestat108.htm.
[4] [En ligne]. Available: https://www.epi-phare.fr/app/uploads/2026/08/EPI-PHARE_vasectomie_20260807.pdf
[5] [En ligne]. Available: http://files.37-degres.com/2012_Guide%20pratique%20d%e2%80%99une%20contraception%20masculine%20hormonale%20ou%20thermique.pdf.
[6] [En ligne]. Available: http://files.37-degres.com/2023_Guidarelli_Testis%202021_Enqu%c3%aate%20transversale%20sur%20les%20dispositifs.pdf.
[7] [En ligne]. Available: https://twin-cities.umn.edu/news-events/behind-scenes-creating-hormone-free-male-birth-control-pill.
[8] [En ligne]. Available: https://popcouncil.org/project/nestorone-testosterone-transdermal-gel-for-male-contraception/.
[9] [En ligne]. Available: https://www.planaformen.com/science.
[10] [En ligne]. Available: https://www.franceinfo.fr/sante/contraception/contraception-des-chercheurs-lillois-travaillent-sur-un-sterilet-masculin-et-esperent-une-mise-sur-le-marche-d-ici-2033_8020382.html.


